Dans la rue une femme
traine son gosse par la main et cherche "ce resto recommandée par le Routard qui doit pas etre loin".
Au McQueen, Severine me prépare des Dirty Martinis de la mort.
Le East End, bastion de la culture alternative anglaise et des valeurs qui ne sont pas les notres, est en train de succomber aux Francais qui en ont marre de payer une fortune a l'ouest pour vivre dans des ghettos truffés de "boulangeries" (a prononcer avec un "an" tres ouvert, a l'anglaise, comme un ane).
Je parcours l'expo "Surreal House" au Barbican et je me dis que les Anglais auraient bien aimé avoir des sous-titres ou alors ils sont devenus bilingues en francais (mais j'en doute fort).
J'ai un voisin Francais.
Jean Nouvel vient d'achever un centre commercial juste en face de Saint Paul.
Je suis en train de lacher mon appart qui va etre loué par des Francais.
Dans le
bus 214 direction Liverpool St, un type chuchotte au téléphone "zis iz not a problem, we can stay at my mozer's 'ouse zis weekend".
Je vais dans un appart actuellement
habité par des Francais qui a
failli etre vendu a des Francais (mais dont la vente a capoté,
a l'anglaise).
Au boulot, si tu veux avoir un espresso, tu vas avec ta capsule Nespresso voir les Francais et leur machine cachée entre deux desks.
Le Bleeding Heart et le Clos Maggiore sont des restos de nom tres réputé et francais comme leur nom ne l'indique point.
Au supermarché je m'achete de l'emmental "Président" et du "Saint-Augur".
Londres, vécu -et écrit- a travers les yeux d'un (presque) Francais.
Délire.
Enfin, je dis ca mais je dis rien.